Communiqué de presse – L’État veut-il éduquer les enfants à la place des familles ?

Après le rejet de leur recours par le Conseil d’État, les Associations Familiales Catholiques (AFC) alertent sur la place toujours plus importante prise par l’État dans l’éducation des enfants, au détriment de la liberté éducative des parents.

Le Conseil d’État a rendu son avis sur le recours déposé par la Confédération Nationale des AFC concernant la mise en œuvre du programme d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS).

Par ce recours, les AFC entendaient rappeler un principe essentiel : les parents sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Ils demandaient notamment que les familles puissent être réellement associées aux modalités de mise en œuvre des séances d’EVARS, notamment au choix des intervenants, aux contenus proposés et à leur programmation.

Pour les AFC, l’enjeu n’est pas de remettre en cause la nécessité d’une information et d’une prévention adaptées à l’âge des enfants, mais de garantir que cette éducation ne puisse se faire sans les parents, ni contre eux. Elles souhaitent que la relation entre les parents et l’école soit réellement fondée sur la confiance.

Or, le rejet du recours suscite une profonde incompréhension au sein des familles.

« Je n’ai pas eu le droit de connaître les contenus des séances d’EVARS pour mon enfant. Je trouve ça scandaleux ! Je voulais simplement pouvoir lui en parler à la maison. »

« Je n’ai pas pu donner le bain de mon petit dernier pendant trois jours après qu’ils lui aient parlé d’intimité à l’école. Il était déboussolé. »

Ces témoignages recueillis auprès de familles adhérentes des AFC illustrent, un malaise plus large : des parents découvrent parfois après coup ce qui a été transmis à leurs enfants, sans avoir réellement la possibilité de connaître, de discuter ou de choisir les contenus qui leur sont proposés.

Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que, dans le même temps, le discours public tend à souligner la responsabilité des parents lorsque les comportements de leurs enfants soulèvent des difficultés.

Comment demander aux parents d’assumer pleinement la responsabilité de leurs enfants tout en leur refusant les moyens d’exercer cette responsabilité dans un domaine aussi intime que l’éducation affective et sexuelle ?

« Les parents ne peuvent pas être considérés comme responsables de leurs enfants lorsque cela arrange l’État et être écartés de leur éducation lorsqu’il s’agit de décider de ce qui leur est transmis, déclare Pascale Morinière, présidente de la CNAFC. La liberté éducative des parents ne doit pas être une liberté théorique. Elle doit pouvoir s’exercer concrètement. »

Les AFC alertent donc solennellement les pouvoirs publics sur le risque d’une évolution vers un modèle dans lequel l’État deviendrait progressivement un éducateur direct des enfants, pendant que les parents seraient cantonnés à un rôle de responsables administratifs et financiers.

Cette perspective, les AFC la refusent.

Les AFC continueront à défendre la primauté éducative des familles et le droit des parents à être pleinement associés à tout ce qui concerne l’éducation et l’avenir de leurs enfants.

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